Cinemas Indiens
Cinemas Indiens

17 novembre 
Projection et masterclass
Black India
Auditorium de l’Atrium

13h30-15h : projection de Rhythm of Dammam
(Jayan K. Cherian, 2024)
Projection co-organisée par Magali Demanget,Séminaire Ethnologie et cinéma, Département d’Anthropologie.
 
Rhythm of Dammam est un docu-fiction issu d’un travail de terrain approfondi mené par le réalisateur Jayan K. Cherian, ayant pour but de mettre en lumière l’une des communautés méconnues des Siddi de l’Inde. Plaidoyer pour la dignité des peuples et leur quête de liberté, le film offre à travers le genre du docu-fiction une perspective unique sur les dynamiques complexes de la caste, de la race et des constructions identitaires multiples à l’œuvre dans la société indienne d’aujourd’hui. Il offre aussi une vision de ce que peut être l’engagement social et politique à travers le medium cinématographique.

15h30-18h : masterclass Black India  
Avec : Jayan K. Cherian (réalisateur), Sofia Péquignot (docteure en anthropologie, Université Toulouse - Jaurès, LISST-CAS) avec Guillaume Boulangé, Magali Demanget, Thibault Fontanari, Judith Misrahi-Barak, Jérôme Soldani.  
Master Class co-organisée avec les étudiant e.s du Master de cinéma.

Black India.  
Les processus d’identification et d’unification des Siddis, descendants d’Africains en Inde.
Le nom Siddi désigne généralement les Indiens descendants d’Africains. Pour autant, ces derniers ne parlent pas tous la même langue, ont des pratiques religieuses distinctes, vivent dans des zones géographiques éloignées et leurs ancêtres africains sont arrivés en Inde à différentes époques et, bien que majoritairement esclaves, ont occupé des places sociales très variées au cours de l’histoire. Pourtant, il 
existe des réseaux siddis à échelles locales, régionales et nationales autour de la parenté, du religieux, du 
politique et de la musique. La thèse présentée, issue d’une ethnographie multi-située menée entre 2014 et 2020 auprès de Siddis de l’Inde, met en exergue les multiples trajectoires des Indiens descendants d’Africains.  Elle explore les processus d’identification et d’unification passés et présents à l’œuvre parmi les Siddis et analyse les enjeux de la fabrique du collectif à partir d’une origine africaine au fondement de 
leur altérité en Inde ainsi que les formes d’agentivité mises en œuvre par ces populations afin de s’extraire 
d’une « condition noire » en Inde.  Elle interroge aussi les réseaux émergents entre les Siddis et d’autres 
descendants d’Africains à l’essor d’une conscience diasporique parmi les Siddis qui fait écho à d’autres mouvements comme le panafricanisme.


18 novembre
Journée d’étude  
Auditorium de Saint Charles 2

Ouverture de la journée 
9h30-12h30
 
Table ronde professionnelle « Stratégie des diffusions de films indiens en France » organisée en partenariat avec le Master 2 Cinéma et Audiovisuel Métiers de la diffusion du cinéma et de l’audiovisuel.  
Modération : Amandine D’Azevedo & Guillaume Boulangé (Rirra 21, Université de Montpellier Paul Valéry)

12h30-14h Déjeuner Jardin d’hiver
14h  

Judith Misrahi-Barak et Ravinder Singh Rana 15 ans de Journées du cinéma indien et Bollywood à Montpellier 
Judith Misrahi-Barak et Ravinder Singh Rana reviendront sur 15 ans de Journées su cinéma indien et Bollywood au sein de l’Association So Bollywood Montpellier, en apportant des éclairages particuliers sur les aspects liés aux droits, à la programmation, aux sous-titrages, aux partenariats locaux, régionaux, nationaux et internationaux, notamment.

14h30 
Shakila Zamboulingame  

Le cinéma tamoul en diaspora : l’expérience spectatorielle des films tamouls dans les salles françaises 

Les projections de films tamouls, notamment lors des « first days first shows » (premières séances), constituent un point d’observation intéressant pour comprendre la réception du cinéma tamoul dans les communautés de l’immigration tamoule en France. Cette communication tentera donc d’apporter un éclairage sur l’étude de cette expérience spectatorielle au prisme des identités et pratiques diasporiques.

15h00  
Amandine D’Azevedo en conversation  avec Charles Tesson 

Presse critique et sélection en festival : les enjeux des cinémas indiens en France  
Cet échange est l’occasion de revenir sur les grands jalons de cette rencontre, les tendances passées tout comme les perspectives.

15h45 Pause-café
16h Sofia Péquignot  

Les Siddis de l’Uttara Kannada, entre unité et quête d’identité.  Siddi est le nom attribué et par lequel s’auto désignent la plupart des Indiens d’origine africaine. Les Siddis vivent principalement dans les États du Gujarat, du Karnataka et du Maharashtra. Dans les forêts du district de l’Uttara Kannada (Karnataka), les Siddis, descendants d’Africains esclavisés, sont dispersés dans des villages et des hameaux de zones forestières reculées. Ces derniers sont souvent traités comme des « intouchables » et fortement discriminés, de par leur statut social et leur singularité incarnée. Initialement divisés en trois groupes majoritairement endogames (catholiques, musulmans et hindous), les Siddis de cette région ont amorcé un processus d’unification à partir des années 1980, transcendant les frontières religieuses par des organisations politiques, sociales, économiques, artistiques, mais aussi par des mariages interconfessionnels. Au cœur de leurs luttes politiques, se trouve la question de l’unité siddie à partir d’une origine africaine commune durement discriminée en Inde. Cette présentation propose d’explorer les enjeux et les nuances des processus d’identification et d’unification des Siddis de l’Uttara Kannada à l’œuvre depuis les années 1980.

16h30 
Judith Misrahi-Barak, Amandine D’Azevedo  et Sofia Péquignot 

Rhythm of Dammam : A Conversation with the film 
maker Jayan K. Cherian
https://jayankc.com/
18h00 Cocktail de clôture

Guillaume Boulangé est professeur en études cinématographiques & audiovisuelles à l’Université de Montpellier 
Paul-Valéry, où il a soutenu en 2007 une thèse en Littérature comparée et études cinématographiques sur les influences et l’héritage du cinéma de Jacques Demy. Il enseigne l’histoire du cinéma depuis plus de vingt ans et s’intéresse depuis quelques années aux mutations socio-économiques de la filière cinématographique en France. Membre du laboratoire RIRRA 21, il est l’auteur de Jacques Demy et Agnès Varda, essai de généalogie artistique, Selena éditions, 2020 et d’Histoire d’une passion : Yves Thos, affichiste de cinéma (avec Christian Rolot), éditions Deuxième époque, 2020. Il codirige le Master 2 «Métiers de la diffusion du cinéma 
et de l’audiovisuel» et le Master 2 «Création Documentaire» depuis 2021.

Jayan K. Cherian est un cinéaste et poète originaire du Kerala et établi à New York, où il est venu pour faire des études de cinéma (Hunter College puis City College of New York). Ses films ont été projetés dans de nombreux festivals internationaux (Berlin, Durban, Londres, Rio de Janeiro, Kolkata, Montréal entre autres) où ils ont remporté de nombreux prix Parmi d’autres documentaires réalisés depuis 2006, The Shape of the Shapeless (2010) a remporté le Silver Conch Award au Festival international du film de Mumbai, le Silver Jury Prize au San Francisco Shorts et le Director’s Choice Award au Black Maria Film and Video Festival.

Son premier long métrage, Papilio Buddha (2013) a remporté le prix spécial du jury du Kerala State Film Festival pour la meilleure réalisation et le prix de la Kerala Film Critics Association pour le meilleur premier film. Portant sur le sujet sensible des Dalits déplacés dans la région des Wstern Ghats au Kerala, le film n’a jamais été autorisé en Inde. Son film Ka Bodyscapes (2016) a remporté le prix du meilleur long métrage au Festival international du film queer Out & Loud de Pune et a reçu une mention au Festival international du film du Cap.

La filmographie de Cherian s’enrichit maintenant de Rhythm of Dammam (2024). Le film est issu d’un travail de terrain approfondi ayant pour but de mettre en lumière l’histoire méconnue du peuple Siddi, ces descendants des Africains esclavisés par les colons portugais en Inde. Le jeune Jayaram Siddi, hanté par l’esprit de son grand-père remonte vers ses ancêtres pour comprendre les traditions et l’histoire de sa communauté. Le film a été présenté en Première mondiale au International Film Festival à Goa (IFFI), puis au International Film Festival of Kerala (IFFK) en novembre 2024. Il est depuis présenté dans de nombreux festivals parmi lesquels 
Life Beyond Life Film Festival (Turin), Toulouse Indian Film Festival, African Diaspora International Film 
Festival (Chicago), entre autres.

Amandine D’Azevedo est maîtresse de conférences en cinéma à l’Université Paul-Valéry-Montpellier 3. Elle travaille sur les cinématographies indiennes contemporaines. Son travail porte sur la résurgence des motifs 
mythologiques dans le cinéma populaire indien et elle publie en 2018 Mythes, films, bazar. Plus largement, 
elle enseigne aussi le cinéma de kung-fu et l’analyse filmique. Elle est membre fondateur du groupe de recherche « Les Cinémas indiens », ainsi que de l’atelier conjoint EHESS/Sorbonne Nouvelle,  « Exotisme en champ contrechamp dans le cinéma de fiction » Elle participe à des programmations pour des festivals, et travaille actuellement à un ouvrage sur le cinéaste Satyajit Ray pour Les éditions de l’œil.

Magali Demanget est professeure au département d’anthropologie où elle coordonne le séminaire Ethnologie et cinéma. Ses recherches portent notamment sur la construction d’autochtonie et les ressorts paradoxaux de la 
patrimonialisation de la fête des morts au Mexique. Elle porte actuellement le programme MIRANDA *Territoires de la Mémoire par les Muralistes*, qui traite des créations de l’art mural et de leurs mobilisations militantes féministes en faveur d’une justice sociale réparatrice lors de la fête des morts au Mexique.  

Thibault Fontanari est maître de conférences en anthropologie à l’Université de Montpellier Paul-Valéry où il mène des recherches en Haute Asie (Karakoram, Hindou Kouch, Pamirs).  Ses premiers travaux interrogent la place de de la construction, de la maintenance, et de la réparation des infrastructures routières dans les transformations sociales, politiques et religieuses des sociétés rurales. Depuis peu, il s’est donné pour 
objectif d’analyser la manière dont les effets du changement climatique conduisent les habitants à réinventer leur collectif.

Judith Misrahi-Barak est professeure d’études postcoloniales au département d’études anglophones de l’Université de Montpellier Paul-Valéry (France), où elle enseigne l’anglais et les littératures postcoloniales. Ses principaux domaines de spécialisation sont les littératures caribéennes et indo- et sino-caribéennes en anglais, les écritures diasporiques et migrantes, ainsi que les littératures dalit. Elle est rédactrice en chef de la série PoCoPages (Pulm, Montpellier). Parmi les nombreux ouvrages qu’elle a coordonnés on note The Routledge Companion to Caste and Cinema in India (2023). Sa monographie en français 
intitulée Entre Atlantique et océan Indien : les voix de la Caraïbe anglophone a été publiée chez Classiques 
Garnier (2021).

Sofia Péquignot est docteure en anthropologie sociale et chercheuse associée au LISST-CAS de l’Université Toulouse - Jean Jaurès. Elle est auteure de la thèse intitulée Black India, les constructions sociales des Siddis, descendants d’Africains en Inde (2024) et ses recherches portent plus précisément sur les processus d’identification et d’unification existants et émergents parmi les Siddis de l’Inde. Elles analysent notamment la manière dont ces derniers tentent, à partir de leur origine africaine au fondement de leur altérité en Inde, de négocier leurs places sociales au niveau local, régional, national et transnational.   
Les recherches de S. Péquignot s’inscrivent dans divers domaines, tels que l’anthropologie de l’Inde, des diasporas africaines, de l’esclavage, des identités, du religieux, du politique, de la globalisation, des réseaux et des réseaux socio numériques. S. Péquignot a aussi publié plusieurs articles au sein de différentes revues, d’un ouvrage collectif et d’une encyclopédie. Elle enseigne par ailleurs l’anthropologie sociale à l’Institut de Formation aux Métiers de la Santé de Pamiers et au département d’anthropologie de l’Université Toulouse – Jean Jaurès.

Jérôme Soldani Ethnologue et maître de conférences au Département d’anthropologie de l’Université de Montpellier Paul-Valéry, travaille essentiellement sur le fait politique à Taïwan. À travers les sports et les jeux athlétiques plus particulièrement, il s’intéresse aux reconfigurations des identités collectives, qu’elles soient nationales, ethniques ou autochtones, aussi bien dans les domaines de l’éducation, du corps, des politiques publiques, des entreprises ou de la morale et de l’éthique.

Charles Tesson est un observateur de longue date de la façon dont les différents cinémas indiens ont été vus, reçus, critiqués, sélectionnés et diffusés en France. Auteur de deux ouvrages sur Satyajit Ray (1992 / 2016), 
enseignant à l’université Sorbonne Nouvelle, critique et rédacteur en chef des Cahiers du cinéma (1979 2013), Délégué général de la Semaine de la critique à Cannes (2011-2021), Président de la commission d’Aide au Cinémas du Monde (2016-2021)

Ravinder Singh Rana enseigne la langue et la culture anglaises au Campus Nevers, Montpellier. Ses domaines de recherche incluent la littérature et la civilisation britanniques et du Commonwealth. Il a soutenu sa thèse de doctorat sur le thème de l’Holocauste, intitulée « Race, langage et culture dans l’œuvre de Jonathan 
Littell, Les Bienveillantes », à l’Université de Montpellier Paul-Valéry. Ses travaux de recherche portent sur l’Holocauste, les Partitions de l’Inde et la caste. Il a récemment publié un chapitre intitulé “Masaan - A Tale of Forbidden Love» dans The Routledge Companion to Caste and Cinema in India (2023). Il est également 
membre associé au CREA Paris-Nanterre.

Shakila Zamboulingame 
(Université de Montpellier Paul-Valéry, CESAH EHESS) est doctorante en études cinématographiques et en anthropologie. Sa thèse porte sur la réception du cinéma tamoul dans les communautés de l’immigration tamoule en France. Elle écrit et intervient régulièrement sur les cinémas indiens et a créé, en 2016, un projet d’écriture nommé « 1916, about Tamil Cinema ». Elle est également professeure agrégée d’histoire-géographie et de cinéma-audiovisuel en Seine Saint-Denis.

Les autres rendez-vous à ne pas manquer :

Jeudi 13 novembre à 20h au Cinéma Diagonal 
Ouverture des 15e Journées du cinéma indien et Bollywood 
Projection en avant-première du film Homebound (Cannes 2025) 
un film de  Neeraj Ghaywan avec Janhvi Kapoor, Ishaan Khatter (Inde, 2025, distribution Ad Vitam, selection Cannes 2025)

Vendredi 14 novembre à 19h
à la Maison Pour Tous Frida Kahlo Concert du Trio Sangam 
musique indienne traditionnelle et fusion, avec 
Sarita Rao (chant) et Hameed Khan Kawa (tabla)

15 et 16 novembre de 13h30 à 22h30 au Centre Rabelais 
27 boulevard Sarrail, 34000 Montpellier 
15e Journées du cinéma indien et Bollywood


Réservation en ligne : https://cineindemontpellier.org/